Expliquer à son enfant qu'apprendre est une joie

Pourquoi cette évidence reste-t-elle si absente de notre expérience et de notre transmission de parent, d’enseignant, d’adulte ?

En fait, il y a deux joies d’apprendre
Peu de gens font la distinction, pourtant savoir vivre ces deux types de petits bonheurs si complémentaires aide beaucoup à savourer la vie. A la structurer aussi.
Il y a la joie qui se découvre dans l’effort… le travail, la persévérance. Et puis, la joie des découvertes spontanées. Et celle-là, paradoxalement, est la moins repérée et cultivée. Pas facile avec des enfants ? Mais si ! Il suffit de vivre avec eux au quotidien avec ces deux joies en tête.

L’école ne fait pas assez cette distinction
L’un des grands problèmes de l’école est de ne justement pas faire cette distinction auprès des enfants : il « faut » travailler à l’école, mais l’idée qu’on peut en tirer un bénéfice ne fait pas tellement partie du discours.
Résultat, le nombre d’enfants qui vont en classe sans bien savoir pourquoi il « faut y aller », à quoi ça sert, ce qu’ils font là… explose ! Des efforts, oui, mais pour quoi faire ? Mystère… Quand à l’idée d’entraîner la vigilance des enfants à repérer du neuf, de l’inédit, des surprises quotidiennes : pas de pratique réelle.Pourtant, l’effort produit de la satisfaction. Pas évidemment à première vue. Pourtant, devant un truc qui résiste, casser la résistance, s’accrocher un peu, y parvenir apporte un véritable contentement personnel… et cela vraiment peut s’entraîner (ce sera le but d’un prochain article).

Les découvertes de chaque jour : une attitude ouverte sur son environnement
Apprendre nécessite donc de s’engager, d’y aller, de persévérer, mais pas seulement. Cela nécessite avant toute chose, une attitude d’ouverture, de questionnement, de curiosité. Un peu de légèreté ! Et c’est très naturel chez les enfants. Nous avons tous vécu la phase du « Pourquoi le ciel est bleu ? » « Et pourquoi la mer aussi, elle est bleue ? »… « Et pourquoi… », car une question ouvre l’appétit de savoir et de poser une question supplémentaire.

Petit exercice de tous les jours à transformer en philosophie pour soi

Chaque matin, tu te lèves en te disant que tu vas apprendre quelque chose,
• Essaie d’y penser durant la journée, histoire de détecter une trouvaille,
A la fin de la journée, réfléchis à cette toute petite ou grande / minuscule information que tu n’avais pas en te levant ; à ce minuscule ou fort concept / à cette astuce futée ou à ce savoir-faire manuel … Et savoure cette nouvelle acquisition,
En cette fin de journée, si tu ne trouves rien, ce n’est pas que tu n’aurais rien appris de nouveau : c’est peut-être que tu n’as pas fait attention = re-scanne ta journée et cherche encore !

Au début, la pêche n’est pas très grande. Mais prolonge cet exercice qui passe par :

1 rendez-vous avec soi-même le matin : se lever avec une petite chasse à la nouveauté, c’est agréable
Une évaluation ou deux dans la journée : un peu de vigilance et quelques pauses, ça fait du bien
1 rendez-vous avec soi-même le soir : elle a tenu ses promesses, cette journée ! on n’est pas le / la même quand on sait éplucher une pomme tout(e) seul(e), faire une division à 2 chiffres… On n’est plus la même personne qu’en se levant ! Magique !

Et bien, on se rend vite compte :

• Qu’il faut porter un peu plus attention à ce qu’on vit
• Qu’il s’y trouve bien plus d’enrichissement personnel qu’on ne le croit
• Que nous, tous seuls, nous apprenons tous par nous-mêmes bien plus qu’on ne l’imagine
• Et qu’apprendre des petites et des grandes choses… au jour le jour… est un jeu…

…. Et même, … une joie !

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