Se séparer de son doudou est un rite de passage important dans la construction de l’autonomie de l’enfant. Pas question de l’y obliger. C’est un cheminement personnel qui révèle qu’on devient grand.

Qu’est-ce qu’un doudou ?
Un doudou est beaucoup plus qu’un objet, un chiffon, une couverture, un lapin ou une girafe en peluche. C’est avant tout ce que le grand psychanalyste pour enfants, Winnicott, a nommé un objet transitionnel. En effet, dans les tout premiers temps de la vie, par la fusion avec sa mère, le bébé n’a pas notion de sa propre individualité. Puis, le petit enfant apprend peu à peu (et lentement !) le monde environnant, la distinction d’avec sa maman, une certaine conscience de soi. Comme toute modification, c’est à la fois intrigant, enthousiasmant et inquiétant. Le doudou est un moyen d’appréhender ce monde tout en conservant un refuge réconfortant. Toute la question est donc de respecter cette relation au doudou dans la mesure où celui-ci remplit bien son rôle. Je veux dire par là qu’il installe pas un certain fétichisme et une incapacité à se séparer, comme vous pouvez le constater dans l’illustration de cet article, où cette jeune femme prenait à coeur son doudou dans les transports en commun.

On n’ordonne rien mais on accompagne
Le doudou est tout d’abord élu parmi d’autres objets. Personne ne dit à un enfant : « Tiens, ce sera ton doudou ». C’est avant tout un élection (fondée sur l’émotionnel) et un rôle décidé par l’enfant qui bien souvent le nomme. Nous avons toutes et tous à composer avec cette « chose » qu’on trimballe partout et qui sent parfois très mauvais. Mélange de la salive de l’enfant et de sa perception de l’odeur maternelle, parentale. Le laver au nom de l’hygiène n’est pas une bonne idée. Evidemment, pas question de jeter le doudou en laissant l’enfant devant ce vide sidéral et totalement incompréhensible. Trop violent !!!

L’été, saison idéale pour « lâcher » son doudou !
S’il n’y a pas d’âge précis pour quitter son doudou, la phase de séparation est grandement favorisée par les activités au-dehors, la joie de sortir et de jouer au parc, dans les champs, sur la plage… Ce monde plein de lumière, de choses à découvrir, cette propulsion du corps dans l’espace ouvert et ludique est évidemment plus fréquent durant les beaux jours. C’est l’occasion d’installer des séquences où le doudou reste à la maison et n’est repris que pour s’endormir, par exemple…

Se quitter en douceur
Voilà donc l’été et les vacances qui nous apportent à tous une promesse : casser les habitudes, changer de rythme, s’autoriser des trucs… Côté doudou, il est donc intéressant de modifier sa place, ce qui peu à peu changera son statut.
Par exemple, lors de sorties, on peut commencer par, certes, l’emmener mais en le laissant dans la voiture pendant une excursion. Si c’est difficile et qu’il est venu à la plage avec l’enfant, proposer à l’enfant de le laisser à l’ombre pendant qu’on fait le château de sable… Puis, on le laisse à la maison…

Surtout, en tant que parent on y va fort sur les compliments des jeux accomplis, des nouvelles performances, des découvertes : « Bravo ! Tu l’as fait !!! ».. Ainsi, l’enfant s’engage dans l’action, dans ses conquêtes. Il prend conscience qu’il grandit et que ce n’est pas forcément un grand risque de partir à la découverte, d’oser, d’entreprendre, de se lancer.. Là-dessus, je vous propose cet autre article à mettre en pratique.

Bon été !

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