T'en veux une ? Non merci, ou comment poser son autorité

Il est toujours intéressant d’écouter ce que disent les parents à leurs enfants. Et inversement. C’est le bon vieux truc : « Qu’est-ce que tu me dis quand tu me parles ? ». Et bien, avec un peu d’attention, on découvre des choses étonnantes.

Par exemple, cette propension des parents à questionner au lieu d’ordonner calmement ou encore à menacer sans fin et sans mise en exécution (heureusement parfois, étant donné les menaces !!!).
C’est une question de relation, d’autorité, de légitimité et de confrontation, parfois de prise de pouvoir des petits sur les grands.

Ainsi entend-on souvent les parents demander à leur enfant de faire telle ou telle chose sous la forme d’une question :

– « Adèle, veux-tu bien mettre ton bonnet ? ».
Adèle a une réponse très logique : « Non, pas maintenant ! ».
– « Adèle, je te dis de mettre ton bonnet ! »
A nouvelle formulation, nouvelle inflexion dans l’amabilité de mademoiselle : « Non ! j’ai pas envie ! » (au cas, maman, où tu n’aurais pas compris).
– « Adèle, tu le mets ce bonnet, oui ou non ? Tu sais que tu commences à m’énerver ! »
Adèle traduit le « tu commences à m’énerver » (seulement ?) comme une bonne marge de manœuvre en perspective.
Le tout est usant pour le parent comme pour l’enfant. Cela ne trace aucun contour lisible pour l’enfant qui, telle une bille de flipper, fait sa vie comme il peut, sans repère véritable, balloté selon sa propre humeur.

La menace annoncée est un autre exemple. Je pense à ce dynamique Anselme qui, dans la verdeur de ses 4 ans, s’est précipité devant moi cet été, entre les voitures en file dans une station service. Son but ? Appuyer sur un magnifique bouton d’urgence rouge situé, il est vrai, à sa hauteur. Le père voyant son fils démarrer en trombe, croit intervenir en posant cette question magnifique :
– « Mais Anselme, qu’est-ce que tu fais ? »
Il court Monsieur, il court et pris par l’élan de sa motivation à pousser ce joli bouton rouge, il a franchement autre chose à faire que de répondre à son père.
– « Anselme, tu vas t’arrêter, oui ? »

Et bien non, pas le temps. Du coup, Daddy sort la menace suprême, audible juste avant que la sirène ne soit déclenchée par sa progéniture :
– « Anselme, t’en veux une ?! »
Alors, la réponse fusa, intelligente et bien tournée quant à la politesse : « Non, merci papa ! ».
« Oin-Oin-Oin » fit la sirène de service, paniquant les vacanciers alentour.

Voilà. Poser par avance les limites. Veiller à ce qu’elles ne soient pas dépassées, ou peu. Les rappeler quand c’est nécessaire. Expliquer avant, appliquer pendant, cela n’est pas facile mais cela donne toute sa légitimité à notre parole de parents. Comme la pub (qui sait si bien parler aux enfants de ce qu’ils connaissent) le disait : « Tu as dépassé les bornes des limites, Maurice ! ».

Bonne rentrée !

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