La dictée est un exercice qui traverse toutes les classes jusqu’à être une épreuve du brevet des collèges. Autant gérer très tôt la peur qui s’installe chez certains enfants confrontés à l’exercice.

Pourquoi ont-ils peur d’une dictée ?
Cet exercice est tout à fait particulier. D’abord, il a un poids symbolique très lourd. Ne pas avoir une bonne orthographe reste un handicap social réel et tous, nous incorporons très tôt qu’écrire avec des fautes est une tare. La barre est donc d’entrée de jeu très haute. La pression, même non dite, très présente.

La dictée et nos compétences sensorielles
Ensuite, le déroulement d’une dictée convoque et associe plusieurs sens. C’est un exercice atypique et déconcertant pour certains petits écoliers. Il faut donc :

  • Entendre des mots (en évitant les homophonies, en détectant les liaisons, en gérant les accords…) : cela implique d’avoir des compétences auditives, ce qui n’est pas le fait de tous les enfants ;
  • Ce comporte une conversion de l’audio au visuel, de l’entendu au retranscrit ;
  • En comprendre le sens à l’oral ;
  • Ecrire dans les temps : là, beaucoup d’enfants paniquent car ils écrivent lentement. Certains même, très appliqués, très perfectionnistes font carrément de la calligraphie lente et perdent le fil de l’énoncé. L’enseignant est déjà sur une autre phrase. C’est la panique.

Boîte à outils pour aider un enfant paniqué par la dictée
Tout d’abord, calmer le jeu. Dire que si la note est vraiment désastreuse, ce n’est pas grave. On va s’y mettre ensemble. Donc, voici quelques idées :

  • Reprendre une dictée faite, la photocopier et demander à l’enfant de surligner en fluo, tous les mots qui spontanément ne lui paraissent pas « automatiques » à écrire. Dont, pour parler plus juste, il n’a pas incorporé le sens, le son, la graphie.
  • Faire un petit jeu d’étiquettes :
    • on reprend tous ces mots-là + quelques autres très faciles. On les marque sur des petites étiquettes (obligation douce à les réécrire)
    • on les étale assez largement par terre et on se met à plat ventre (pour oublier la chaise et l’école… c’est un jeu). Vous, parent, dites des mots et l’enfant doit les trouver le plus vite possible. Il associe le son au mot de manière ludique. C’est tout bête mais ça décrispe la situation.
  • Apprendre à écrire un peu plus vite. C’est-à-dire le plus souvent à écrire plus petit (soit moins de longs trajets de la plume sur la feuille, c’est logique).
  • Penser à stimuler la lecture et pour les petits, à suivre les mots avec le doigt pour faciliter la photographie des mots. C’est un des socles fondamentaux de l’incrustation en soi de l’orthographe.

Le but est de désacraliser la dictée, de lui redonner sa dimension gymnastique… Il s’agit pour l’enfant d’apprendre à se détendre… S’il fait beaucoup de fautes, il convient de comprendre pourquoi : non apprentissage des règles de grammaire, dysorthographie réelle, dyslexie… Mais en commençant par dédramatiser l’exercice lui-même, vous constaterez déjà de réels progrès.

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