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Mon enfant est-il hyperactif ?

Mon enfant est-il hyperactif ?

Cet article est une réponse que je souhaite faire à Sylvie, à la suite de son « commentaire » posté sur un autre article où je traitais du « peuple des enfants dans la lune »…filleMon fils a 8 ans et est souvent absent. Il a une hyperactivité cérébrale qui lui pose beaucoup de problèmes à l’école. Que faire ?

Chère Sylvie,

Votre commentaire en forme de question induit bien des pistes.
Je vais tenter d’aborder certains points, en espérant que cela permettra à d’autres parents de se poser aussi ces questions, en les hiérarchisant un peu. En la matière, il n’y a pas tant de certitude et c’est bien le drame de beaucoup de parents. De spécialiste en spécialiste, on ne leur dit pas la même chose et ils restent, comme vous, désemparés.

Il faut donc apprendre à effectuer un repérage par soi-même. Cela demande de ne pas enfermer son enfant dans une identité : « Toi, tu es rêveur », « toi,  tu es ceci », « toi, tu es cela ». Pire encore, parler de l’enfant, en sa présence à un autre interlocuteur et lancer : « De toute manière, c’est un excité ! ». C’est en quelque sorte l’enfermer dans cette identité. C’est fermer les portes d’un possible changement.
C’est jouer le fatalisme, alors que l’éducation, somme toute, consiste à dire aux enfants que tout est possible, tout est ouvert, si l’on s’y met ensemble. Mieux vaut donc partir à la découverte. Tout de suite, la manière de progresser change de camp.

Regarder agir son enfant, prendre des notes. Quand est-il agité ? quand est-il rêveur ? partout ? chez vous, en classe ? Est-il différent avec les adultes et les enfants ? ou pareil ? est-il sportif, lecteur ? sait-il se concentrer et sur quoi ? un livre d’astronomie ou sa Gamboy ? Est-il physiologiquement sensible aux jeux vidéo ? Notez au fil des jours. Un peu tous les jours, sans vous relire. En quelques semaines, vous aurez de quoi réfléchir… et sans doute pour poser autrement vos questions aux spécialistes sollicités.

Vous parlez aussi d’«hyperactivité cérébrale »
Est-ce un diagnostic posé par une équipe médicale ? Si non, ne confondez-vous pas hyperactivité et agitation ? Si oui, un traitement a-t-il été préconisé ? Sans doute pas car les médicaments employés (la fameuse et terrible Ritaline) sont des camisoles chimiques.
S’il s’agit d’agitation forte que vous ne maîtrisez pas, puis-je me permettre d’avancer que c’est l’autorité des adultes qu’il disqualifie ? Ne seriez-vous pas vous-même soulagée de faire appel à une tierce personne, un psychologue, un psychomotricien pour lui apprendre à repérer, à canaliser son énergie, à vous respecter ? Et si cela semble plus sévère, seule une évaluation pluridisciplinaire peut permettre de dégagé un diagnostic personnalisé.

Vous dites aussi qu’il est « absent »
Les enfants « absents », dans la lune, sont souvent assez statiques. C’est d’ailleurs leur grand problème. Ils ne connectent pas la pensée et le geste. Sans dire que c’est la panacée, j’ai eu l’occasion de vérifier que les séances de psychomotricité font parfois merveille. Les enfants découvrent qu’ils ont un corps, qu’un geste d’eux produit un « phénomène » d’action, donc des conséquences. C’est souvent une prise de conscience majeure dans leur vie. Une découverte.

D’ailleurs absent à « quoi » ? à « qui » ?

Les absents sont parfois :

  • des « rêveurs », (ce qui se comprend à 8 ans !),
  • des anxieux que toute relation angoisse et qu’ils évitent en restant dans leur tête,
  • des enfants qui s’ennuient en classe et « s’échappent »,
  • parfois des enfants précoces qui ont besoin d’être beaucoup plus nourris  intellectuellement.

Encore une fois, je débroussaille des pistes. Si j’y apporte un point de vue plus personnel, j’ai précisé bien des choses dans mon livre « Heureux à l’école ». Et je dis ici à nouveau qu’il faut consulter dans un esprit de prospection, mais surtout pas tout systématiquement médicaliser autour de son enfant.

On n’est pas hyperactif. On n’est pas précoce. On a une hyperactivité du comportement. On a un haut potentiel. Cela change tout. Bon courage. Tous les échanges et les commentaires sont bienvenus !

A lire, l’excellente enquête du psychanalyste Yann Diener : « On agite un enfant », La Fabrique éditions.

8 thoughts on “Mon enfant est-il hyperactif ?

  1. bonjour j’ai 40 ans je souffre d’hyperactivitee traiter avec du concerta,ma fille de 15ans souffre aussi de tdah important avec traitement,ma troisieme 3 ans presente elle aussi des trouble de tdah,quand a mon second 12 ans il est hypoactif,toujours dans la lune et absent ,tres lent dans sa facon de faire les choses,lorsque je lui parle on dirait que j’arrive de mars qu’il ne comprend pas ma langue ,ou les consignes donnees,cela m’exaspere car je vis a 200 a l’heure et lui a 2km heure.depuis hier la neurologue lui a donner un traitement a l’essai je ne pense pas que cela soit la bonne solution pour lui,car il souffre d’obesiter et que je pense que les deux sont liees.il est suivi sur tout les front et je fait tous ce que je peux pour l’aider ,mais je n’ai pas de solution et ne comprend pas son mode de fonctionnement car on est totalement opposer par la maladie,pourriez vous m’aider s’il vous plait car cela deviens invivable pour tous.merci md gillet

    • Anne Leguy

      Bonjour, seule la prise en charge par les médecins peut vous aider. Ce blog n’a pas de compétence médicale et n’a pas vocation a donner de tels conseils. Merci de votre participation… AL

  2. Anne Leguy

    Tout se plaide, mais j’ai souvent constaté qu’une prise en charge mesurée et pluridisciplinaire (si rare en France) permettait tout d’abord de bien identifier les cas complexes TDAH de ceux qui pouvaient être pris en charge « autrement » : par thérapie, et parfois (même si l’enfant présentait des troubles très expansifs de prime abord), par des médecines alternatives, du shiatsu, de la psychomotricité, de la médiation familiale).
    Merci d’avoir pris le temps d’exprimer votre point de vue.
    Bien cordialement

  3. Bonjour,

    votre article pose les bonnes questions et vous avez raison de ne pas faire coller un enfant avec une étiquette et donc de le différencier de son comportement ou de son diagnostic …

    Là où je me permets d’attirer votre attention c’est sur votre jugement par rapport à la rilatine, « la terrible », l’étiquetant de camisole chimique.

    Non la rilatine n’est pas une camisole chimique, elle ne change en rien la personnalité d’un enfant et permet à nombre d’enfants de pouvoir apaiser leur hyperactivité de telle façon qu’ils puissent acquérir des compétences sociales et progresser à tout niveau.

    Si elle n’a pas d’effet sur le TDAH ou si elle occasionne trop d’effets secondaires, on l’arrête tout simplement. Il n’y a aucune dépendance. Aucun sevrage.

    Elle n’est pas prescrite à tort, mais par des spécialistes et les parents ne la donnent pas pour le confort mais parce que l’enfant et sa famille sont en réelle souffrance.

    Ce faisant, vous faites peur aux parents qui vont culpabiliser de la donner alors que cela peut être réellement un coup de pouce, qui ne remplace en rien l’éducation des parents et les efforts de l’enfant pour gérer leur attention au quotidien.

    • Anne Leguy

      Bonjour,

      Merci de votre commentaire. La Ritaline est toujours sujet à controverses. C’est surtout un sujet éthique que la prescription d’amphétamine à des enfants. Chacun(e) par son histoire, sa pratique thérapeutique (ce qui est peut-être votre cas), son rôle de parent qui accepte ou pas ce type de traitement, développe et défend son opinion… et son choix. J’ai rencontré peu de gens ayant « migré » dans leur réflexion sur la question de la Ritaline.

      Le Web regorge de forums et de prise de parole tant pour ou contre la Ritaline.

      Le souci avec ce « médicament », c’est que s’il est prescrit souvent dans un cadre hospitalier, la prolongation des ordonnances en cabinet ne permet pas un contrôle dans le temps. « L’argument selon lequel « si elle occasionne trop d’effets secondaires, on l’arrête tout simplement. Il n’y a aucune dépendance. Aucun sevrage ». ceci dit bien qu’il peut y avoir des effets secondaires et le « on » reste indéfini. Quant à la non dépendance, l’bsence de sevrage, c’est presque une définition de camisole chimique : une contention qui n’est plus d’être contraint par par lit, des draps, une camisole de tissu comme tristement autrefois; Mais une contention tout de même.

      Enfin, qu’on le veuille ou non, l’apprentissage d’une médicalisation lourde systématique dès le plus jeune âge pose aussi question. Quelles sont les évaluations chiffrées de tout ça ?
      C’est-à-dire :
      – Quels réels tableaux cliniques du syndrome TDAH ? Combien d’enfants traités ? Quels parcours d’hommes et de femmes ont-ils ensuite, puisque nous avons plusieurs décennies d’expérience derrière nous ?
      les Etats unis, pays des paradoxes, qui ont prescrit à outrance la Ritaline ont fait savoir qu’un jeune ayant ingéré cette amphétamine ne sera pas admis dans l’armée.

      Je pense ici aux parents désemparés face à un enfant perdu et isolé dans une immense agitation. Le chemin des thérapies, certes, ne peut résoudre en quelques semaines de tels cas. Mais la réponse chimique doit restée à manier avec grande précaution. Mon article tenait à alerter de cette dérive qui consiste, sans toujours de tableau clinique, de « diagnostiquer » à l’emporte pièce et de prescrire sans vigilance. L’accompagnement, la parole, comme toujours, doivent permettre aussi de guérir. Et parfois, d’ailleurs, de découvrir chemin faisant qu’il s’agit de guérir ensemble : parents et enfants.

      Bien cordialement

    • Avoir une attitude mesurée et exiger des suivis d’études long terme pour une molécule psychotrope prescrite à des enfants c’est raisonnable. Dire que ces études n’existent pas est cependant faux même si il en faudrait davantage.

      Votre remarque sur l’armée le choque. Etre dépendant d’une molécule chimique pour maîtriser son agitation et sa violence particulièrement sous stress est évidemment incompatible avec certains métiers militaires. Exactement comme la forte myopie est incompatible avec le parachutisme militaire. Cela ne rend pas la prescription de ritaline plus coupable que la prescription de lunettes. Mais dans le cas du TDAH avec une bonne prise en charge et suivant le niveau du trouble on peut apprendre à se maîtriser et progressivement se passer de la béquille chimique de la ritaline.
      Alors que si on est myope on est coincé avec sa myopie. Ca se prépare mais ça devrait être dans la tête de tout ado et parent de tdah qu’il veuille être militaire ou pas.

    • Anne Leguy

      Bonjour,

      Je pense que nous sommes plus proches dans l’analyse des besoins des enfants hyperactifs que votre commentaire ne le laisse penser. Dans ce post, je conviens tout à fait que certains enfants sont aidés par la Rétaline mais je m’insurge avec bon nombre de médecins et de psychologues contre son emploi trop direct et sans tableau clinique posé en staff (et parfois même à la demande de parents qui se sont renseignés à l’arrache sur le Web). Tous les enfants agités ne sont pas des diagnostics TDAH, comme tous les enfants diagnostiqués d’un QI de 140 ne sont pas malheureux… (les enfants malheureux n’étant pas non plus des précoces incompris)… C’est la fonction même de ce blog de faire ce genre de tri et parfois de permettre aux parents de trouver des solutions souvent pondérées.
      Pour l’allusion à l’armée américaine, je me permets de penser que vous avez lu trop vite. Je ne parle pas de ces enfants à pousser dans l’armée (!!!). Je pointe l’incohérence dans ce pays, à sur-médicaliser les enfants tout en se méfiant de l’impact de cette médication pour l’une de ses institutions les plus vénérée par les états-uniens. Merci beaucoup de votre contribution. AL

    • oui effectivement la ritaline a beaucoup d’effet secondaires,mais il existe d’autre traitement qui remplace la ritaline,et qui aide les enfants ou adulte souffrant de tdah,moi j’ai 40 ans et je souffre de cette maladie depuis l’enfance,je suis traiter depuis un an et cela a changer ma vie,et celle de ma famille qui ne supporter plus mes sautes d’humeurs et mon comportement violent et bipolaire,depuis la prise du traitement je vis comme tous le monde,peut etre un peux plus actif car je sais pas rester en place,toujours tres fatiguer car la journee je deborde d’energie,c’est comme si on a une voiture faite pour rouler a 250km/h et qu’on l’oblige a rouler a 20km/h c’est tres dur,mais on s’habitue,avec ce traitement au debut on a l’impression d’etre dans une bulle,d’etre en apesanteur dans son propre corp d’entre tous ce qui se passe sans pouvoir reagir,mais a coter on se concentre beaucoup mieux,on prend les choses moins a coeur,on est beaucoup plus calme,moins impulsif et agressif,c’est vrai sa fatigue enormement,on est different,mais on vit tellement mieux c’est le plus important.le tdah est encore tres mal connu est c’est bien domage,car c’est une reelle maladie qui handicape vraiment dans la vie de tous les jours et je sais de quoi je parle pour le vivre depuis toujours mais avec le traitement on voit vraiement la difference et les progres sont constant et non ce n’est pas une camisole chimique on reste sois meme,capable de toutes decision ,conscient de tout,il faut simplement attendre le bon dosage,et la bonne molecule pour tout l’or du monde je ne referer marche arriere,bon courage a tous les parents concerner,moi j’ai trois enfants en difficulter et cela ne m’empeche en rien de tous gerer.


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