Dans ce titre, c’est le point d’interrogation qui prime. Peu de parents, désormais, s’inquiètent du droit à l’image de leur enfant mineur et même en usent abondament. Et pourtant…

watermark.phpEn 2010 : 74% des bébés Français sur Internet !
Heureux de la naissance de leur « Incredible » Thérébentine ou de leur « So cute » Corto, ce sont désormais les parents qui publient eux-mêmes les toutes premières images de leur enfant sur le Web. C’est ce qu’a révélé la société d’antivirus (sic) AVG. Or, un nouvel adage doit s’imposer à chacun : « La photo que tu publies sur Internet ne t’appartient plus ». Les 500 millions de Facebookers qui ont un jour signé les conditions d’usage de leur site préféré vivent, qu’ils le veuillent ou non, sous ce régime implacable.

Petite question technique
Savez-vous publier une image sur le Web qui ne soit pas copiable ? Vous avez du remarquer que beaucoup de sites professionnels « verrouillent » désormais les images qu’ils publient. Question de droit d’auteur et de droit à l’image des personnes. Or, l’image de votre enfant, si elle est copiable, devient un bien commun planétaire. N’importe qui – un designer qui trouve magnifiques les yeux bleus de votre « Incredible » Thérébentine  ou tout aussi bien un prédateur effarant en quête d’images de gosses – peut utiliser l’image de votre enfant.

Mauvaise et bonne nouvelle
La mauvaise nouvelle, c’est qu’en consultant les forums sur la question, les internautes un peu avertis sont tous d’accord pour dire qu’on ne peut pas rendre complètement incopiable une image sur le Web. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut au moins pratiquer les « watermarks ».

C’est quoi une watermark ???
Le mot se traduit par « filigrane » en Français. Il s’agit, avec un petit logiciel gratuit, d’appliquer à ses images avant publication un filtre ou un texte en filigrane qui gênera l’exploitation en cas de copie. Voici deux solutions en PC et en Mac, mais renseignez-vous aussi auprès de vos amis bidouilleurs qui ont peut-être d’autres noms de logiciels (et laissez ici un commentaire pour en faire profiter les autres !).

Question juridique et éthique
Les articles 226-1 à 226-8 du Code civil stipulent que tout individu jouit d’un droit au respect de sa vie privée ainsi que d’un droit à l’image. Inutile de dire que tout individu mineur voit cette protection « portée » par ses parents ou tout adulte exerçant l’autorité parentale. Là, c’est le droit à l’image des mineurs qui est réglementé dans l’article 9 du Code civil. Vous avez donc le droit de publier cette photo d’enfant, mais quid de l’éthique lors de sa diffusion ?

Science fiction : des procès en perspective ?
Tout se plaide en ce bas monde. Et on pourrait assister dans quelques années, quand les notions de « e-réputation » et d’ « empreinte numérique » seront ordinaires (la réputation de tout un chacun sur les réseaux et le Web) que des enfants portent plainte à l’encontre de leurs parents pour avoir été affichés tout nus barbotant dans la première vague des vacances familiales.

Sans en venir là (quoique…), je me permets d’attirer votre attention sur les dangers de voir l’image de votre enfant détournée de sa vocation première : votre très légitime désir de faire partager à vos amis la beauté insensée de votre « Incredible » Thérébentine et le regard déjà ténébreux de ce « So cute » Corto… Prudence !

PS : Cette question du droit à l’image des mineurs doit être étendue à ce que nos enfants publient eux-mêmes sur le Web, à notre responsabilité civile et pénale, et bien sûr à l’exercice quotidien de publication, pratiqué sur Facebook, entre autres… La moitié des exclusions scolaires actuelles ont pour motif la diffusion « infamante » d’images sur le Web. Or, les responsables, éthiques et juridiques : c’est nous.

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