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Temps scolaire : comment rendre votre enfant autonome ?

Le temps scolaire, c’est celui qu’organisent les adultes entre eux et que les enfants vivent au quotidien. Mais de même qu’ils ont bien du mal à dire « à quoi ça sert l’école », les enfants ne sont pas en mesure de « visualiser » leur année scolaire en terme de temps qui s’écoule. Or, cela rassure de savoir où l’on en est.

Le temps long est pour l’enfant une abstraction

Si je vous dis : « Le temps jusqu’à Noël, le temps jusqu’aux vacances de février, Pâques », il est vraisemblable que vous allez parvenir, selon vos moyens d’appréhension du temps à avoir une perception de ce calendrier. Parce que vous êtes un adulte. C’est tout à fait impossible à un enfant (et même un ado) de le faire spontanément. Au mieux, s’il s’agit d’un enfant très organisé, va-t-il être en mesure de s’organiser sur sa semaine et pour les plus costauds à planifier d’une semaine à l’autre. Mais pas plus loin. Un enfant n’a pas le même champ visuel que nous, ce qui le rend vulnérable dans la circulation urbaine. Il n’a pas non plus la même capacité à élaborer une stratégie “dans” le temps.

Faire du temps un allié

Quelle en est la première conséquence ? Et bien si vous interpelez votre cher Arsène sur ses notes d’un « Il est temps de te ressaisir », d’un « Ton trimestre va être une cata », « Attention à tes contrôles dans 15 jours ! ». L’alerte que vous croyez lui transmettre pour le responsabiliser lui passe carrément au dessus des antennes !!!
Se presser par rapport à quoi ? Ils n’en a pas la moindre idée.

L’exercice de la Toussaint

Les vacances de la Toussaint, par exemple, c’est au mitan de la rentrée scolaire et des vacances de Noël. Environ deux sessions de 7 semaines. Prenez un calendrier panoramique et faites colorier à l’enfant tous les jours d’école de la rentrée aux vacances de Toussaint. D’une autre couleur, faites de même de la rentrée de la Toussaint aux vacances de Noël. Placez du rose sur les vacances car c’est aussi du temps qui passe (plus vite, bizarrement !).
L’idée, c’est aussi de mieux les situer dans le temps, donc – aussi – de leur apprendre la régularité de l’effort : un petit peu chaque jour. « Tu vois, Jeanine, ce que tu ne fais pas aujourd’hui, ça va s’accumuler, tu vas stresser. Alors qu’en en faisant un peu tous les jours (les devoirs, les poésies, les exposés), on apprend ensemble à ne pas les faire à la dernière minute ».

La durée, facteur de calme

Vous verrez que c’est un facteur d’accalmie. Au lieu de “fonctionner” sans trop savoir pourquoi du lundi au samedi, comme un hamster tourne dans sa roue, votre enfant va gagner en autonomie. Vous allez situer le/ la situer dans un temps plus long, plus lisible, donc plus paisible. Admettez que si vous n’aviez pas, vous, cette capacité, vous ne tiendriez pas toujours à votre travail.

Au début, privilégiez le temps de la semaine, du mois puis du trimestre. Situez aussi sur le calendrier les anniversaires et les fêtes. Voilà ! Notre soucieux Arsène, notre délurée Jeanine vont se situer dans le temps, savoir dans quel contexte ils avancent.

L’éducation des enfants passe souvent par ce décryptage de nos évidences qui sont pour eux de parfaits mystères. C’est un cadeau sans prix… et qui dure pour toute la vie. Un temps que l’on souhaite le plus long possible 😉

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