Georgette a rapporté un zéro (0/20)* de l’école et rase les murs, index vissés aux oreilles pour anticiper vos hurlements. « C’est quoi cette note ??? »… Georgette a tout faux car vous allez la surprendre.

« Il faut que je te dise… »
C’est un signe, Georgette tourne autour du pot et vous sentez bien qu’elle a quelque chose à dire. Elle éviterait sans doute d’évoquer ce sujet pénible s’il n’était pas couronné d’une torture finale : vous demander de signer le chef d’œuvre. Par un phénomène bien connu d’interaction, elle s’attend à vous entendre monter sur vos grands chevaux et à, soit :
– fermer les écoutilles en attendant que l’orage passe ;
– pleurer d’angoisse ou de tristesse en espérant percer le front orageux et attendrir votre cœur de parent, déjà si moelleux…
Dans tous les cas, à l’intuition, elle sait que le temps fera le reste, punition ou pas punition à la clé. Vous criez, elle se recroqueville : c’est interactif. Ce qui est certain, c’est que rien n’aura été réglé… Jusqu’à la prochaine copie colorée en rouge…

Changement de stratégie
Et si on décontenançait Melle Georgette ? Car en tant qu’adulte, nous savons bien qu’une mauvaise note n’est pas la fin du monde (après tout, nous l’avons vécu, n’est-ce pas ? ;). Trouver le pourquoi de la mauvaise note avec l’enfant va permettre deux choses :

– lui éviter de s’enfermer dans la confusion entre soi et la note qui consiste à dire « je suis nul(le) ». Non, c’est la note qui est nulle, pas toi. Le « de tout façon, je suis nul(le) », c’est mauvais pour l’estime de soi et fataliste…
– l’obliger avec sérénité mais fermement à remettre en cause ce qui s’est passé. Cela demande un peu d’honnêteté et d’engagement : il va être question d’effort.

Poser ensemble le diagnostic
Là, il faut bien poser le cadre : « Je ne te crie pas dessus mais je prends du temps pour toi. Tu respectes donc ce temps de discussion. Autrement, j’en reviens à la punition bête et méchante et c’est idiot, pour toi comme pour moi ». Les enfants adhèrent à ce contrat parce qu’il est sensé. Alors ? C’est quoi le problème ? Voici quelques pistes à explorer. Une mauvaise note, cela peut venir de savoirs non acquis ou d’une attitude erronée.

Lacunes et savoirs non acquis
C’est donc la preuve que, quand on dit qu’il faut apprendre ses leçons, ce n’est pas pour embêter les enfants mais parce que cela a des conséquences. (oui, à l’école comme dans la vie, il y a des conséquences à ce qu’on fait ou on ne fait pas).
Où se trouve la difficulté ? Soit en tant que parent, on a les moyens de reformuler ; soit il faut trouver quelqu’un (voisin, parent, organisme ou même l’enseignant) pour ré-expliquer. Donc, une mauvaise note, c’est aussi l’alerte d’une lacune et le moment de ne pas la laisser s’incruster. Merci la mauvaise note de nous l’avoir fait remarquer.

Un problème d’attitude ?
C’est l’autre axe d’exploration. Il y a des enfants qui ont les connaissances mais ne savent pas les mettre en œuvre.

  • L’enfant lit trop vite l’énoncé (certains pensent que finir le 1er le contrôle, c’est être 1er de la classe !)
  • Il n’a pas compris l’exercice et part sur de fausses pistes. Il s’entête sur une base absurde et tout est faux. Georgia, prends le temps ! Fais comme au Cluedo, relis 2 fois l’énoncé !
  • il est dans la lune et démarre trop tard, tel le lièvre de la fable. Il a fait à peine la moitié des exercices. La moitié des réponses bonnes sur la moitié de faites, ça fait vite 1/4 de la note = 5/20 ;(((
  • C’est un grand paniqueur ! Cela requiert parfois l’aide d’un thérapeute = à la moindre question, c’est la tétanie. Manque de confiance en soi, pas de place légitime dans ce monde, sentiment d’être usurpateur, estime de soi à zéro… Vous avez dit zéro ????

Autant de pistes qui expliquent le problème de la note en forme de « 0 ».

Créer un chemin ensemble
Lui offrir l’idée que dans la vie, tout le monde un jour « se plante » et que la note (ou l’erreur) doit maintenant appartenir au passé. Qu’est-ce qu’on va construire ensemble, maintenant ? Quel chemin pour changer son attitude devant l’interro ? Ou pour désormais vraiment apprendre ses leçons ?

Vous n’avez pas crié. Georgette n’en est pas revenue. Elle a du entrer dans l’univers de sa note et comprendre qu’elle a un défi à relever et que vous allez l’aider à le relever. Moins de cris, moins de panique, moins de fatalisme. Un chemin, avec du travail nécessaire, pas des punitions en plus. Au boulot, Georginetta !

* Nota bene : le zéro est peu pratiqué de nos jours… quoique …

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